Rencontre avec Vivian Braga dos Santos commissaire de l’exposition Archipel improbable : les mondes dominicains de José Castillo présentée à la Maison de l’Amérique latine du 21 octobre 2026 au 15 janvier 2027. À l’occasion de ce qui aurait été le 71e anniversaire de l’artiste, cette édition de L’Œil pense revient sur plusieurs œuvres exposées.
La vie de José Castillo est traversée par ses engagements politiques. De la mémoire du quartier de Los Mina, l’un des premiers villages de Noirs marrons des Amériques, à l’emprisonnement et à l’exil sous le régime de Joaquín Balaguer, en passant par les mobilisations politiques auxquelles il prend part en France, son parcours reflète la diversité des contextes qui nourrissent son travail. En prise avec ces réalités historiques et politiques, Castillo dénonce les violences coloniales et les régimes autoritaires, tout en faisant écho aux luttes socialistes latino-américaines et aux résistances des populations noires et autochtones. Comment ces engagements prennent-ils forme dans son travail ? À travers quels matériaux, quelles images et quels espaces s’expriment-ils ? Et comment son œuvre reconfigure-t-elle ces enjeux pour ouvrir d’autres perspectives ?
José Castillo (Santo Domingo, 1955 – Paris, 2018) est un artiste dominicain qui s’installe à Paris en 1978, où il résidera jusqu’à son décès. Nourrie des cultures dominicaines, afro-caribéennes et autochtones, son œuvre interroge l’identité et les héritages culturels à travers la peinture, le dessin, la gravure, la photographie, les objets, les assemblages, les collages, la performance et la vidéo. Ce langage pluriel fait dialoguer mythes, souvenirs, figures populaires, personnes politiques et imaginaires dominicains.
Vivian Braga dos Santos est chercheuse et enseignante en art, docteure de l’Université de São Paulo (USP, Brésil). Après avoir soutenu en 2018 une thèse sur le concept de « fonction historienne » de l’œuvre d’art, elle a été pensionnaire, de 2019 à 2024, à l’Institut national d’histoire de l’art à Paris, où elle a développé le programme « Performativités noires ». Ses travaux actuels interrogent les enjeux entre identités, sociétés et cultures artistiques latino-américaines, à travers les notions d’archive et de performance.
Les rencontres L'Œil Pense sont proposées par la Maison de l'Amérique latine et l'IESA, École Internationale des métiers de la culture et du marché de l'art. Elles donnent un éclairage sur l’actualité de la scène artistique latino-américaine en France et mettent en valeur leurs protagonistes.
La pensée voit, le regard touche, l’œil pense (Octavio Paz).
