Leandro Erlich

Entre temps

Du 12 septembre au 14 novembre 2026

Infos pratiques

Xippas Paris

108 rue Vieille-du-Temple

75003 Paris, France

Téléchargement

© Leandro Erlich Classroom, 2026 Vue de l’installation : “Leandro Erlich: Entre temps”, Xippas Paris, 2026 Photo : Frédéric Lanternier Courtesy Xippas et Galleria Continua

La galerie Xippas, en partenariat avec GALLERIA CONTINUA, est heureuse de présenter, pour la première fois en France, Classroom, une installation de l’artiste argentin Leandro Erlich, dans l’espace parisien de la galerie Xippas. À la suite de son exposition au Grand Palais, Leandro Erlich investit l’espace de la galerie avec un ensemble d’œuvres, dont certaines sont inédites.

L’exposition s’ouvre sur une maison suspendue, déracinée : Pulled by the Roots BOG. Nos racines, nos ancrages, voilà qui pourraient être les fils conducteurs de cette exposition, qui se poursuit avec une série d’œuvres intitulée Draft-Bazza : différents modèles de machines à écrire recouverts de sable et fissurés, présentés sous cloche, comme tout juste retrouvés.

Tels des vestiges fragiles d’une autre époque, enfouis sous le sable, ils renvoient à un temps révolu – celui d’avant le numérique, où la communication était plus lente et les modes de travail différents. Enfouies, ces machines convoquent la mémoire d’une génération tout en faisant écho à une société récente, aujourd’hui profondément transformée, nous invitant à nous interroger sur ce que nous sommes devenus.

Ces œuvres accompagnent le visiteur, à la fois physiquement et mentalement, jusqu’à l’installation suivante : Classroom. Plongé dans l’obscurité, il découvre, à travers une large vitre, une salle de classe des années 1970 reconstituée à l’échelle 1:1. Bureaux, chaises, tableau, cartes du monde, armoire : tout y est. Les murs décrépis portent les marques du temps, les vitres semblent embuées, les meubles et le sol, par endroits tâchés, sont recouverts d’une fine couche de poussière. L’espace paraît abandonné, figé dans le temps et marqué par le passage des années.

Mais le visiteur ne se trouve pas simplement face à un « site » archéologique : il est littéralement projeté dans la pièce. Par de subtils effets de lumière, son reflet, fantomatique et presque irréel, apparaît à l’intérieur de l’espace. Les silhouettes des autres visiteurs se mêlent à la sienne, comme si elles se trouvaient de l’autre côté, assises aux bureaux de la salle de classe. Présence contemporaine venue hanter cette salle de classe abandonnée, le spectateur n’est plus un simple observateur : il devient ce que Fabrice Bousteau a qualifié de « spect-acteur »*.

Si l’installation mobilise une forme de nostalgie, elle peut également troubler. Le miroir ne reflète pas une réalité, mais transporte les adultes que nous sommes dans une situation propre à l’enfance. Nos souvenirs d’école refont surface dans une expérience à la fois intime et collective. Les fantômes que nous incarnons dans la classe nous invitent à réfléchir aux trajectoires qui nous ont conduits à devenir les adultes que nous sommes aujourd’hui.