Musique

Le troubadour pourchassé

Hommage à Atahualpa Yupanqui

28 juin 2024 à 21h

Seul en scène.

Adaptation en français d'après El payador perseguido par Waldimir Beltran, récit et chant.

Accompagnement musical par Sergio Rodriguez (guitare).

Un récit à mode de milonga du grand poète-musicien argentin Atahualpa Yupanqui.
 

C'est un hommage qui sera rendu au géant de la musique populaire argentine, Atahualpa Yupanqui, en présentant, un peu plus de 30 ans après sa disparition, l'une de ses œuvres les plus importantes El payador perseguido (Le troubadour pourchassé) ... atahualpa yupanqui signifie en langue quechua (c'était celle de son père), "celui qui vient des contrées lointaines pour raconter"... 

El payador perseguido est un long récit picaresque et poétique sous forme de milonga où Athualpa Yupanqui raconte les vicissitudes de sa vie, depuis ses origines, quand très jeune il doit travailler pour vivre et s'employer dans les travaux les plus divers, parcourant diverses provinces argentines, dans les estancias, les carrières de pierre, les champs de canne à sucre...toutes les   diverses situations qui l' ont amené à parcourir le pays, pour échapper à la faim, aux persécutions, pour finalement se rencontrer avec lui-même...

 

Les deux versions du texte, écrites par l' auteur, seront présentées et entre les épisodes du récit, seront intercalées par l' auteur de l' adaptation, Wladimir Beltran, certaines des principales compositions musicales de Atahualpa Yupanqui qui font partie jusqu'à aujourd'hui du répertoire de très nombreux artistes argentins et du monde entier comme... "Camino del indio", "Baguala del pobrecito", "Preguntitas sobre dios", "Milonga del solitario", "Zambita del buen amor", "Le tengo rabia al silencio"...

 

A travers ce récit picaresque, l'auteur nous fait sentir la beauté et la diversité des paysages des différentes provinces qu'il a parcourues ainsi que celle des personnes qui y vivent, du "criollo" au "gaucho", celle aussi des populations indiennes et l’extrême pauvreté dans laquelle elles sont plongées, ce qui remplit le troubadour d'indignation et de révolte.

 

Il se console en jouant de la guitare et ne chante que pour ses compagnons d'infortune "porque lo que a ellos les pasaba, me pasaba a mi", (parce que ce qui leur arrivait m’arrivait à moi aussi). Il affirme alors, pour le chanteur qui veut rester honnête avec lui-même et son peuple, toute l’importance d'exprimer et traduire ses souffrances et de préserver son indépendance, sa liberté. Le récit exalte le dialogue avec la nature, avec les chevaux, les immenses plaines, mais souligne aussi la solitude de l’homme de la campagne et l’importance de préserver son intimité, sa pudeur et sa dignité silencieuse. 

 

La connaissance intime que Atahualpa Yupanqui acquit ainsi des êtres, des paysages, des coutumes ancestrales et de l'âme indienne, nourrit son inspiration et aussi sa fidélité, son intransigeance, sa volonté de rester libre, sans chercher à s'accommoder des convenances, 'ni alistarse con los patrones" (ni à se mettre au service des patrons). Il refusait et refusa jusqu' au bout d'être l’un de ces "payadores comprados y con sus cantores de salón" (un de ces troubadours aux ordres et ses chanteurs de salon) ... Un texte prenant, un spectacle alternant paroles et musique, un hommage au plus grand poète-chanteur et musicien de sa génération.