Littérature

Une soirée avec Simone Schwartz-Bart

Nous n'avons pas vu passer les jours

18 oct 2019 à 19h

Simone Schwarz-Bart est aujourd'hui considérée comme l'un des écrivains majeurs de la Caraïbe.

Qu'il s'agisse de Ti Jean l'horizon ou de Pluie et vent sur Télumée Miracle, ses ouvrages font partie déjà des « classiques » de cette littérature antillaise qui dit le monde et les trajectoires de l'histoire. Mais les Schwarz-Bart, c'est aussi le couple d'écrivains que Simone formait avec André Schwarz-Bart, l'auteur du Dernier des Justes, prix Goncourt 1959. Aujourd'hui, Nous n'avons pas vu passer les jours retrace l'itinéraire étonnant de ce duo de créateurs qui a marqué de son empreinte la littérature française. 

C’est l’histoire d’un couple rare. Celle de deux écrivains, l’une guadeloupéenne, l’autre juif, dont l’œuvre croisée témoigne de la souffrance de leurs peuples. Et celle de deux êtres éperdument soudés, qui, pendant cinquante-cinq ans, tous les soirs, se sont lu un poème d’amour de Pablo Neruda.

  Il y a pourtant un mystère autour des Schwarz-Bart. Pourquoi, au milieu des années 1970, se sont-ils tus et enfermés dans leur maison de Guadeloupe  ? Douze ans après la disparition de son mari, Simone donne sa vérité sur le parcours hors norme d’un petit juif d’origine polonaise et d’une métisse solitaire.

  En 1959, André Schwarz-Bart publie Le Dernier des Justes. Premier roman d’un jeune ouvrier inconnu, orphelin de parents morts à Auschwitz, cette éblouissante saga raconte l'histoire d'une famille juive et, à travers elle, le monde yiddish, disparu dans les camps nazis. Goncourt âprement disputé avec les jurés Femina, premier succès romanesque sur le sujet, le livre est un best-seller dans le monde entier. Simone et André cosignent ensuite Un plat de porc aux bananes vertes. Mais les ouvrages suscitent d’insupportables polémiques. La vision du judaïsme de Schwarz-Bart est très critiquée et, blessé, il cesse définitivement de publier.

  En Israël, sur un mur du musée de Yad Vashem, on peut lire le Kaddish révolté qui conclut Le Dernier des Justes : "Et loué. Auschwitz. Soit. Maïdanek. L'Eternel. Treblinka. Et loué…"

 

À l'issue de la soirée, Simone Schwarz-Bart dédicacera des exemplaires de son livre, qui seront mis en vente par les Éditions Grasset, avant la sortie en librairies.