Exposition

Lisières

David Solís

24 mai 2019 24 juil 2019

La nature est au cœur de la proposition de David Solís qui aborde le rapport oppressant entre l'homme et son environnement naturel. 

Commissaire : Christina Chirouze Montenegro

 

A l’occasion de la 6 ème édition de la Semaine de l’Amérique latine & des Caraïbes – France, la Maison de l’Amérique latine à Paris inaugure deux nouvelles expositions qui placent l'Amérique centrale à l'honneur à travers deux artistes de deux différents pays et générations, David Solís, originaire du Panama, et Marlov Barrios, originaire du Guatemala.

 

La nature que peint David Solís est une nature psychique, intériorisée. Les paysages naissent et se développent d’abord dans l’esprit de son auteur, avant de se répandre progressivement sur la toile. Ils l’envahissent de même que la nature tropicale colonise lentement, inexorablement, chaque centimètre carré de terre. Les arbres tendent leurs branches dans les airs à la recherche de la lumière, l’accaparant, sans même laisser au marcheur – minuscule être humain – entrevoir le ciel.

 

Troncs, feuilles, joncs, lianes, racines : autant d’éléments participant d’une biodiversité foisonnante qui semblent enserrer le spectateur. Ces jungles primaires sont construites de fuseaux verticaux qui, par un jeu de perspective et de cadrage, sont étrangement semblables à des barreaux de prison. Par où respirer ? L’œil du spectateur cherche un échappatoire. Il le trouve souvent dans une petite frange haute de la toile : le ciel gris ou bleu dans lequel se découpe la silhouette des arbres, et au loin, une étendue d’eau, synonyme d’ « espoir » aux accents cruels. L’Eldorado est tellement loin... ou ne serait-ce qu’un mirage ?

 

La technique de David Solís souligne son héritage académique : le graphite, la peinture à l’huile, le pastel. Sa maîtrise de formats d’envergure (une douzaine d’œuvres mesurent plus de 100 x 100 cm) est une constante de son travail. Les petits formats, quant à eux, révèlent un goût pour le détail plus minutieux. Lisières rassemble une cinquantaine d’œuvres récentes (2008-2018) dans lesquelles la Nature prend une part quasi exclusive, et où l’empreinte humaine ne se lit qu’en filigrane. À ses forêts caractéristiques, se joignent des marines aux horizons étendus, des natures mortes, des semi vanités ou encore d’étranges poissons.

 

Sur la même période, l'artiste Guatemaltèque Marlov Barrios présentera une exposition dans la salle Asturias. Plus d'infos en suivant ce lien

Biographie

David Solís, né à Panama City en 1953 se forme à la Faculté d’Architecture avant d’entamer des études artistiques à l’Ecole des Beaux-Arts de Panama City. En 1975, grâce à une bourse, il s’établit à Marseille. Sa formation à l’Ecole des Beaux- Arts de Marseille-Luminy le mène au Diplôme National Supérieur des Arts Plastiques avec une mention spéciale en dessin. En 1978, il installe son atelier à Montpellier, où il développera sa carrière d’artiste. Dans sa ville natale, il est représenté par la galerie Habitante dès les années 1990. En 2004, l’exposition Un tiempo de taller au Musée d’Art Contemporain de Panama est pensée comme un instantané de son atelier, de l’esquisse à l’œuvre élaborée. A partir de 2006, avec les expositions telles que Selvas y otros mundos I et II, Horizons croisés, Entre dos aguas..., les forêts denses et humides, les troncs personnifiés, les lisières, les rives, les marines, deviennent les leitmotivs de sa recherche picturale. En 2016 est présentée la deuxième exposition monographique de David Solís au Musée d’Art Contemporain de Panama : Riberas, un corpus d’œuvres sur toile et sur papier consacré aux paysages des rives tropicales, urbaines et forestières, diurnes et nocturnes. L’exposition Lisières à la Maison de l’Amérique latine est la première exposition monographique de David Solís à Paris.