Exposition

Cárdenas, Mon ombre après minuit

Œuvres sur papier - Œuvres sculptées

06 fevr 2020 10 juil 2020

 

Dans le contexte actuel d'épidémie de coronavirus, et afin de respecter les mesures prises par le gouvernement, l'exposition est fermée.

Elle réouvrira dès que possible et sera prolongée jusqu'au 10 juillet.

 

Commissaire : Elena Malagodi, assistée d'Atawal Cárdenas

 

À partir du 6 février 2020, la Maison de l’Amérique latine dédie ses espaces d’exposition à Agustín Cárdenas (1927-2001), notamment avec l’objectif de dévoiler au public son œuvre graphique. Si l’artiste cubain est internationalement reconnu comme l’un des grands sculpteurs du 20ème siècle, on sait moins qu’il est aussi un immense peintre et dessinateur, comme l’était Giacometti, avec la même recherche obsessionnelle de la vérité mystérieuse de la forme. C’est ce que la Maison de l’Amérique latine souhaite montrer avec l’exposition Mon ombre après minuit ainsi intitulée d’après une sculpture noire et blanche, en bois et plus tard en bronze, de Cárdenas, visant à désenclaver* le dessin et la peinture de l’artiste.

 

Toute sa vie, Cárdenas n’aura de cesse de dessiner, inlassablement, souvent spontanément, sur toutes sortes de supports. C’est ce que s’attache à démontrer l’exposition au travers d’une centaine de dessins, gouaches, peintures et quelques sculptures - dont Mon Ombre après minuit –, réalisés pour l’essentiel à Paris, où l’artiste cubain résida à partir de 1955.

Comme l’œuvre sculpturale, cet ensemble dessiné, parfois peint, témoigne d’un imaginaire sensuel et flamboyant, d’une vision poétique du monde tantôt dramatique, tantôt teintée d’humour. On y retrouve les thèmes de prédilection de l’artiste, avec des variations infinies autour de la femme, le couple, la famille, la mère et l’enfant, l’amour et la nature. Cet ensemble forme avec les sculptures, sans solution de continuité, ce qu’on pourrait appeler le « grand Art » de Cárdenas, celui d’une variété étincelante de formes et de couleurs qui se nourrissent et se répondent mutuellement. 

 

*au sens où Yves Bonnefoy écrivait : « Notre modernité critique a désenclavé le dessin. Elle ne le réduit plus aux préliminaires d’une image chargée d’un sens. Elle l’aime pour ce qu’il est, tracé inabouti autant que pensée…» (La beauté dès le premier jour. Yves Bonnefoy. 2009, William Blake & Co. éditeur)

Biography

Né à Matanzas (Cuba) en 1927, Agustín Cárdenas dessine compulsivement dès son plus jeune âge. 

Entre 1943 et 1949, il étudie à l'Académie des Beaux-arts de San Alejandro. Arrivé à Paris en 1955, il s’installe à Montparnasse. Il sera aussitôt révélé par André Breton, séduit par son œuvre spirituelle, poétique et sensuelle.  Il sera vite intégré au dernier groupe des Surréalistes et participera à de nombreuses expositions à leurs côtés. Abandonnant sa formation classique, l’artiste retrouve avec eux ses racines africaines et peut donner libre cours à l’érotisation de son œuvre. Le lyrisme charnel de ses sculptures lié au primitivisme des origines se mêlant aux rites animistes donnent à son œuvre un caractère universel. Il travaille principalement le bois, mais aussi le marbre, le bronze, le plâtre.

Ses sculptures sont tout en arrondis lisses et courbes évocatrices des formes féminines, laissent voir la force des symboles. 

De 1956 à 1997, il participe à des dizaines d’expositions personnelles et de groupe. Il expose régulièrement dans la légendaire galerie Le Point Cardinal.  À partir de 1968, il vit et travaille à Meudon-Bellevue et dans son atelier à Nogent-sur-Marne, ainsi qu’au Canada, en Autriche, au Japon, produisant des pièces monumentales dans le cadre de symposia internationaux de sculptures monumentales, en Israël et en Corée. Il séjourne souvent en Italie, à Carrare pour y sculpter le marbre, et à Pietrasanta, où sont fondues ses sculptures en bronze. En 1994 il retourne vivre à la Havane où il finira ses jours. Il meurt en 2001 et est enterré au cimetière Montparnasse.

Il fut l’ami des peintres Wifredo Lam, Joaquim Ferrer, et de l’écrivain et poète Edouard Glissant, tandis que de nombreuses autres figures littéraires telles qu’André Breton, José Pierre, André Pieyre de Mandiargues, Jean Leymarie, Emile Langui, Alain Jouffroy – et Glissant toujours - lui ont consacré leurs plus beaux textes.

Il reste l’un des maîtres de la sculpture moderne, au même titre que Brancusi, Arp, Henry Moore et Giacometti. Aujourd’hui il est représenté par la galerie Mitterrand, Paris et la galerie Almine Rech (Paris, Bruxelles, Londres, Shanghai, New York).